12.04.2008

La faim et le plein

Ces dernières semaines, des "émeutes de la faim" comme les appelle le journal Le Monde dans cet article, ont secoué l'Egypte, la Mauritanie, le Mexique, le Maroc, la Bolivie, le Pakistan, l'Indonésie, la Malaisie... La liste des pays touchés est longue. L'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), a recensé une trentaine de pays pour lesquels la hausse des prix alimentaires est dramatique.

En cause, les cours des denrées de base comme le blé et le riz qui ont doublé en une année, la demande étant plus forte que l'offre. La production de céréales a pourtant augmenté en 2007 et des records devraient être battus en 2008 selon les experts. Mais cette augmentation de la production n'est pas suffisante pour couvrir la demande et les raisons ne manquent pas :

- une démographie en hausse,

- une consommation en forte hausse dans les pays émergents,

- une consommation également en hausse dans nos pays dits-développés, où le gaspillage et la sur-consommation sont les mamelles de notre taux de croissance,

- la concurrence des agrocarburants au détriment des cultures à vocation alimentaire,

- des conditions climatiques de plus en plus difficiles.

Tout ceci, se traduit par des stocks en baisse et une hausse des prix que la spéculation financière accentue artificiellement (quand il est question d'argent, les requins et les vautours sont toujours au rendez-vous, quand bien même des vies seraient en jeu).

Qu'y pouvons-nous ?

Comme en toutes choses, ce sont les gouttes d'eau qui font les grandes rivières :

- mangeons moins de viandes, car qui dit moins de viandes consommées, dit moins d'élevages, et par voie de conséquence moins de cultures fourragères et plus de cultures pour nourrir les hommes. Sans compter, que cela est meilleur pour la santé.

- réduisons notre facture pétrolière en laissant au maximum nos voitures au garage (roulons à vélo, marchons, utilisons les transports en commun, etc..),

- arrêtons de construire des autouroutes inutiles,

- demandons le développement du fret ferroviaire,

- à chaque élection, locale, nationale ou européenne, votons pour des politiques conscients des enjeux planétaires,

- réclamons une gouvernance mondiale à nos dirigeants, et ne faisons surtout pas confiance au marché, sa priorité n'est clairement pas la défense des plus démunis.

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